Oise : une plongée aux enfers 3|3

Franck Amelin a 51 ans.

Christophe : «Vous pouvez tout faire à la fois avec un livre et en toute sécurité !»

Franck Amelin aime se retirer dans un bois où, dans un sac à dos, il range ses pauvres affaires et ses papiers.

Franck Amelin repense à l’argent qu’il a avancé à un homme qui partage sa chambre au foyer Aldebert Bellier et au téléphone qu’il a financé.

Franck Amelin tient un couteau de table «la lame vers le bas».

Franck Amelin prend la fuite, poursuivi par un fonctionnaire de police qui le voit jeter quelque chose par dessus une haie.

La victime : «C’est un mec avec qui j’ai eu une relation sexuelle courte en mai, il voulait que je lui rende le téléphone qu’il m’a offert.»

L’homme est âgé de 20 ans et s’est vu interdire toute rencontre avec Hamelin par son éducatrice.

Franck Amelin porte des traces de scarification sur les bras et le torse.

La victime : «Il m’a attrapé par le vêtement, il m’a offert le téléphone mais je ne sais plus s’il m’a dit qu’il allait me planter.»

Franck Amelin nie avoir eu envie de partager une vie commune avec la victime.

La victime : «Quand j’ai vu le couteau, j’ai crié : arrête Franck, des adultes l’ont évacué, moi je n’ai que 20 ans…»

Franck Amelin est reconnu adulte handicapé à 80%.

La victime : «On a fait l’amour. On était consentants.»

La responsabilité de Franck Amelin est à relativiser en raison de la maltraitance maternelle et des abus sexuels de son frère qu’il a subi étant enfant, selon l’expert psychiatre qui l’a examiné.

Franck Amelin est sur le point d’être placé sous curatelle renforcée à cause de son humeur dépressive.

Victoria-Diane Bouzon est substitute du procureur.

Victoria-Diane Bouzon : «Ses difficultés sociales ne peuvent justifier ses passages à l’acte.»

Maître Alexandre Buicanges, conteste l’intention d’homicide.

Maître Alexandre Buicanges est l’avocat de Dylan Wegner.

Maître Domitille Risbourg, l’avocate de Bryan Holderbaum : «Il a été dépassé par les événements…»

Maître Guillaume Demarcq, l’avocat de Bertrand Carmello Bisset : «C’est à l’accusation de prouver la culpabilité…»

Maître Alexandre Buicanges : «Dire n’importe quoi en garde à vue, cela existe et ce n’est pas interdit…»

Maître Domitille Risbourg : «Bryan Holderbaum est dans la marge et c’est le déclencheur.»

Maître Guillaume Demarcq : «À chaque fois que l’on ne sait pas, cela n’existe pas.»

Maître Frédéric Garnier, l’avocat de Déborah Charlier : «Elle n’est pas capable de dire non…»

Maître Domitille Risbourg : «La réalité, c’est que rien ne se serait passé, s’il n’y avait pas eu ce vol.»

Maître Alexandre Buicanges : «Dylan Wegner a toujours indiqué qu’il avait enlevé l’arme blanche de la main de Bisset.»

Maître Frédéric Garnier : «Mettez-vous à sa place, avec la vie qui est la sienne»

Maître Guillaume Demarcq : «Je ne vais pas vous dire que mon client est un ange…»

Maître Mathieu Marlot, l’avocat de Joé Deby : «Mon client, c’est le lampiste dans cette affaire !»

Maître Domitille Risbourg : «C’est lui qui est à l’origine des premiers coups lorsqu’il se rend compte qu’il a été volé.»

Maître Alexandre Buicanges : «Il était au mauvais endroit, au mauvais moment…»

Maître Frédéric Garnier : «Malgré tous les malheurs qui lui sont tombés dessus, la loi ne s’est jamais occupée de ma cliente qui, pas une fois dans sa vie, n’a porté plainte.»

Maître Guillaume Demarcq : «Monsieur Bisset a eu le sentiment que l’on ne l’écoutait pas…»

Maître Mathieu Marlot : «Personne ne l’a reconnu et ses déclarations sont constantes.»

Maître Alexandre Buicanges : «Il reconnaît qu’il porte des coups à Grégory Foulon…»

Maître Frédéric Garnier : «Elle n’a fait que se soumettre aux demandes des tueurs.»

Maître Guillaume Demarcq : «Demain, cela peut être votre gamin qui se retrouve dans le box des accusés.»

Maître Mathieu Marlot : «Il ne savait pas à quoi allait servir son véhicule…»

Maître Domitille Risbourg : «Je ne lui ai pas demandé de crier ou de pleurer.»

Maître Frédéric Garnier demande la relaxe pour sa cliente.

Maître Mathieu Marlot : «Je vous demande sa relaxe…»

Martine Brancourt est la présidente de la cour d’assises de l’Oise.

Martine Brancourt prononce les condamnations à l’issue du délibéré.

Grégory Foulon, 45 ans au moment des faits, a été battu à mort pendant 24 heures dans un petit appartement de la rue d’Amiens à Beauvais.

Aurore Masson est l’avocate générale.

Les condamnations prononcées par Martine Brancourt sont quasiment comparables aux peines demandées par Aurore Masson, à l’issue de quatre jours d’un procès synonyme de plongée aux enfers.

Stéphanie Paccaud est l’avocate de la partie civile.

Stéphanie Paccaud : «ce corps que l’on jette dans l’escalier comme un sac de linge sale…»

Stéphanie Paccaud : «Grégory c’était un pantin désarticulé…»

Aurore Masson : «une mort absurde et injuste…»

Aurore Masson : «Monsieur Foulon accusé d’un vol qu’il n’a pas commis…»

Stéphanie Paccaud : «Grégory Foulon, ne l’oublions pas, c’était aussi le papa de deux jeunes filles…»

Aurore Masson : «Ils transportent le corps dans la salle de bains pour ne plus l’entendre.»

Aurore Masson : «… des côtes cassées, un rein perforé… Il gémit et succombe à une importante hémorragie cérébrale. Personne n’appelle les secours…»

Stéphanie Paccaud : «Ils vont se débarrasser de lui dans un bois comme on le fait d’un objet encombrant…»

«Où est aujourd’hui la place de Jérémy Vasseur ?»

Jean-Luc Valérie : «Le loup suit les grandes voies de communication.»

Marie-Céline Lawrysz est la procureure, elle prend la parole : «Jérémy Vasseur est un homme à deux visages…»

Marie-Céline Lawrysz : «Jérémy Vasseur se noie dans l’alcool depuis sa sortie de détention.»

Sortant à peine d’incarcération, Jérémy Vasseur menace de mort trois gendarmes.

Maître Charlotte de Boislaville est l’avocate de Jérémy Vasseur : «Ce n’est pas d’une détention supplémentaire, mais de soins dont Jérémy Vasseur a besoin.»

Jérémy Vasseur appelle la brigade de gendarmerie d’Estrées-Saint-Denis.

Jérémy Vasseur nomme par leurs prénoms les trois gendarmes.

Jérémy Vasseur : «Je veux parler à ces trois petites merdes.»

Marie-Céline Lawrysz : «Le Jérémy Vasseur que nous avons devant nous, calme, reconnaissant les faits, désemparé…»

Jérémy Vasseur : «Si je les trouve, je les écrase, je leur roule dessus.»

Marie-Céline Lawrysz : «Le Jérémy Vasseur qui boit chaque jour un litre de vodka, capable du pire…»

Charlotte de Boislaville  : «L’alcool est un refuge pour lui.»

Jérémy Vasseur : «Ils sont entrés chez moi et m’ont volé mes armes.»

Clémence Landais : «Vous n’avez plus le droit à l’erreur.»

Clémence Landais est la présidente du tribunal.

Jérémy Vasseur est reconnu coupable de menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique.

L’un des gendarmes s’est constitué partie civile : «D’habitude il se confie à moi.»

Jérémy Vasseur aura l’obligation de suivre des soins, de travailler ou de chercher un emploi et l’interdiction de détenir une arme.

Un mouton égorgé, un loup des Alpes activement recherché

Entre-temps, Alpaslan Sagdis a quitté le territoire national et s’est installé en Turquie.

Il s’agit bien d’une attaque de loup.

Dans la nuit du 12 juillet une jeune femme descend seule la rue Saint-Corneille.

Soudain une personne surgit derrière elle…

Alpaslan Sagdis arrache le sac à main d’une jeune femme après l’avoir rouée de coups.

La jeune femme résiste…

Alpaslan Sagdis a la tête recouverte d’une capuche et le visage dissimulé par une écharpe.

Ce sont des coups dans le dos, dans le haut du corps et à la tête et la victime tombe au sol et l’individu s’enfuit et le véhicule noir dans lequel il s’engouffre…

Depuis plusieurs mois Alpaslan Sagdis est incarcéré à la maison d’arrêt de Laon, à la suite de la révocation de nombreux sursis.

Nadine Dubosc est la présidente du tribunal.

Nadine Dubosc doit à plusieurs reprises répéter ses questions par visioconférence la liaison étant mauvaise.

Nadine Dubosc : «Qu’avez-vous fait ce soir-là ?»

Alpaslan Sagdis : «On m’a forcé à commettre ce vol, je devais de l’argent à quelqu’un…»

Alpaslan Sagdis : «Pendant que j’étais en Turquie, j’ai fait mon service militaire et je suis devenu un homme maintenant…»

Nadine Dubosc : «Cela ne vous pose pas de problème d’arracher le sac à main d’une inconnue, monsieur ?»

Alpaslan Sagdis : «Je suis revenu en France pour revoir mon fils et pour être jugé.»

Alpaslan Sagdis : «Je ne suis plus le même.»

Alpaslan Sagdis : «Je perds mon temps ici…»

«Ce n’est pas une perte de temps, monsieur, le reprend Nadine Dubosc, c’est ce qu’on appelle une peine.»

La procureure Marie-Céline Lawrysz rappelle que la victime a été rouée de coups avant d’être traînée au sol sur deux mètres.

La préfecture de l’Oise confirme dans un communiqué que le mouton retrouvé égorgé à Blicourt a bien été tué par un loup.

Un loup égorge un mouton

Romain Bouchez d’allure juvénile, les cheveux bruns coiffées en arrière et des lunettes qui le font ressembler à Harry Potter, a 26 ans.

Brigitte Regnault sur le banc des parties civiles est visiblement émue en découvrant pour la première fois le visage de Romain Bouchez.

Brigitte Renault est la mère de Nicky Regnault.

Nicky Regnault a les yeux bandés, les mains attachées à quatre pattes dévêtu sur son lit.

Nicky Regnault travaille au Parc Astérix.

Nicky Regnault avait 37 ans.

Martine Brancourt lit le rappel des faits.

Martine Brancourt est la présidente de la cour d’assises de l’Oise.

Rarement un procès devant la cour d’assises de l’Oise aura mobilisé autant d’experts psychiatres pour tenter de définir avec précision la pathologie mentale dont semble souffrir Romain Bouchez.

La sœur de l’accusé : «Mon frère est quelqu’un de renfermé, il a une adoration pour Noël et les fêtes de famille, il est très calme et adore mes enfants, il voulait devenir scénariste et avait une profonde fascination pour les films d’horreur, il parlait souvent seul dans sa chambre plongée dans le noir.»

Romain Bouchez n’a pas vraiment travaillé sauf un stage de gardien qu’il a effectué au cimetière nord de Compiègne.

Romain Bouchez affirme qu’il a pris la fuite après avoir entendu les râles de Nicky Regnault.

Nicky Regnault est en contact téléphonique régulier depuis plusieurs semaines avec Romain Bouchez.

Une cousine de Romain Bouchez explique «qu’il était sur la route pour se rendre à Strasbourg et qu’il avait peur de faire du mal aux autres.»

Le petit frère de Romain Bouchez : «Il tenait des conversations avec lui-même…»

Sa sœur : «Il m’a confié qu’il entendait des voix…»

Frantz Prosper est un expert psychiatre spécialiste des affaires criminelles.

Frantz Prosper : «La voix qu’il entend, c’est celle de Jeffrey Dhamer.»

Un gendarme qui a procédé à l’interrogatoire de Romain Bouchez pendant sa garde à vue : «Il était convaincu que Jeffrey Dhamer s’était réincarné en lui.»

Maître Bellier est l’avocate de la partie civile : «Romain Bouchez écrit dans son journal intime qu’il espère devenir un tueur en série, depuis le début son objectif est d’égorger celui qui a répondu à plus de cent appels en un mois.»

Romain Bouchez précise que depuis le mois d’août il s’est «entraîné» sur des animaux…

Frantz Prosper : «Il dit qu’il a agi comme un homme et fait l’expérience de la toute-puissance.»

Romain Bouchez : «C’est la voix qui organise cette mise en scène, je ne fais que suivre ce qu’elle me dit.»

Romain Bouchez s’est servi d’un couteau pour égorger Nicky Regnault en lui tirant les cheveux par derrière.

Maxime Gallier est l’avocat de Romain Bouchez.

Maxime Gallier : «Vous ne devez pas l’envoyer en prison où les voix qu’il continue d’entendre seraient les gardiennes de sa folie…»

Romain Bouchez est condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

Jean-Baptiste Bladier, avocat général : «Je souhaite que la loi retrouve toute sa place, toute son expression.»

«Par dessus seulement ?» interroge Clémence Landais, présidente du tribunal.

Clémence Landais : «La victime évoque une pénétration digitale.»

«Dis autrement», Clémence Landais : «vous lui auriez introduit un doigt à l’intérieur de la vulve».

Le prévenu, ancien cadre commercial, retraité depuis 18 ans : «J’éjaculais toujours sur moi, pas sur elle.»

Clémence Landais : «Elle a alors tenté de se dégager mais avec votre autre main, vous la mainteniez par les poignets. Comment l’expliquez-vous ?»

«J’ai eu peur, j’ai tout de suite compris que j’allais trop loin», répond le prévenu.

Le grand-père : «Elle n’hésitait pas.»

«Qu’entendez-vous par là, monsieur ?» l’interroge l’assesseur Baptiste Bonnemort.

«Je veux dire qu’elle n’hésitait pas quand je lui demandais de me masturber», affirme le grand-père.

«C’étaient des pulsions.»

«Peut-on parler de pulsions quand cela se produit plusieurs fois ?»

L’intéressé ne répond pas.

La présidente poursuit en lisant la déposition de la victime.

«Elle vous aurait dit : 

— C’est fini, ma main c’est ma main, je fais ce que je veux avec ma main».

Dans ses déclarations, la jeune femme aujourd’hui âgée de trente ans affirme que chaque soir après le dîner, la grand-mère allait se coucher, l’adolescente de 13 ans veillait alors avec son grand père, tous les deux assis devant la télévision.

Depuis les révélations, le couple des grands-parents a déménagé au Tréport, sans plus aucun contact avec sa famille.

Dans une longue lettre à la victime «vous écrivez :

— Toi c’est toi, les autres c’est les autres»…

Maître Hennique est l’avocat de la partie civile : «À aucun moment monsieur ne prend la place de la victime…»

Maître Hennique : «Ma cliente est absente aujourd’hui car elle ne veut plus revoir cet homme, qu’elle ne considère plus, par ailleurs, comme son grand-père.»

Maître Hennique : «Elle aurait préféré ne pas naître.»

Maître Hennique : «Elle est à présent âgée de trente ans et exerce la profession d’aide-soignante.»


Sources : Oise Hebdo n°1396 du 2 décembre 2020

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