Séquence 3|12 de NOT et DEAD

Ce n’est pas la corvée de courses qui amène NOT. Ce n’est pas l’automobile qui dépose NOT sur ces rivages. Mais la vie la galère… C’est une question de subsistance. Les retombées de l’activité commerciale sur la vie de NOT. Ce qu’il grappille. Subsister c’est continuer. Persévérer dans l’existence. Continuer à être. Subvenir à ses besoins essentiels : survivre. Vivre. Demeurer dans un certain état : se conserver. Durer. Persister. Rester. Question aussi de forme de vie. 

Il y a une nécessité à faire vivre… Il a une image à nourrir. À animer. Punk à chien — « le rayon bière et croquettes » — Figure à découper. Galérien de la liberté : elle n’est pas à emporter — elle n’a pas son Caddie. Elle patauge dans ses Docs. C’est libre qu’il vient. 

La liberté, là, c’est plutôt comme un stigmate. La crête : comme une plaie, à maintenir ouverte — à la bière. Jusqu’à la gerbe. — C’est la fracture sociale, cette plaie ? Ce stigmate, c’est l’atomisation sociale.  

Le punk à chien ne fait pas envie. La sécession ou l’alternative ? L’autonomie ? Galères. Le zonard n’est pas le clochard. Il a choisi. Le punk à chien ne fait pas plus pitié qu’envie. Pitié et envie s’annulent l’une l’autre devant son spectacle. Minable. Sa revendication. Non mais de quel couloir du temps il sort ? On plaint les chiens. Livrés à (ce désintégré) cet atomisé, un électron libre pour maître — ça doit rebondir dans tous les sens, se taper partout, ça doit s’écorcher à tout. 

Vivre en indésirable. Venir en trop — en repoussoir. N’être pas le bienvenu. NOT welcome. Le gutter punk – punk à chien pour autant ne laisse pas indifférent. Incarne une forme du dégoût. Dégoût devant l’autre — devant le même. Il n’est même pas son chien — il est moins que son chien. Zéro revendiqué — comptant pour rien. Il hérisse : il est barbelé — il y a un truc entre le punk et la clôture. 

De quels recoins, encoignures, renfoncements du temps ? 

De même, il y a un truc entre le chien et la propriété. 

Plutôt que disparaître dans les embrasures du centre-ville déserté d’habitants — où l’habitable est un fantôme — il importe de se découper, de se détacher sur le fond de ciel. Venir en rupture. Toucher le fond — l’horizon. Plutôt que d’être pris, plaqué entre les vitrines et la rue, rejoindre cet espace où vitrine et rue ne font plus qu’un : coïncident. 


Les séquences de NOT et DEAD sont écrites à la suite du visionnage du film Le Grand Soir de Benoît Delépine et Gustave Kervern avec Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel.

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