La nuit est la peau du dehors

C’est l’odeur, la sensation, le désir de la sensation. Son retour. C’est la nuit alors, minuit passé il y a longtemps. Longtemps avant que la nuit ne se décompose, dissipe en couleurs… Avant que la nuit ne se volatilise. Avant que la nuit en jour, ne se change… La nuit a été longue déjà, chaude, réglée et appliquée, très besogneuse, consciencieuse extrêmement… La nuit… s’est éternisée et perdue en coups de boutoir, respirations forcées à coup d’accélérations… La respiration contrainte. Elle bout. Il faut de l’air… C’est un immense, irrépressible besoin d’air. C’est maintenant : quitter le lit. Se détacher et sortir de son lit… L’air gît, ou gîte, l’air repose au fond de la nuit, dehors… C’est l’émotion, ou l’odeur, le mouvement de son odeur. C’est, son odeur comme un rendez-vous, l’émotion du dehors. La porte s’ouvre le dehors prend. C’est son intimité alors, passée la porte… non, pas encore : encore le pied nu ou tout comme, en combinaison de nuit, sans un bruit ou presque, seulement le crissement du caoutchouc en ouvrant la porte sous le poids du corps, avec tout ce poids, le poids de la nuit, maintenant jouant sur la plante du pied jouant encore sur l’acéré de la traverse du seuil… Se tenir là, contenir, là. Se retenir, retenir toute expression comme tout ce qui pourrait sortir d’une bouche comme le dehors émeut et prend. C’est la nuit et le dehors est là contre. Il ne se tient pas au fond de la nuit, mais tout contre là. La nuit est la peau du dehors.

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