Je viens me demander 2

(…) Je viens me demander ce que je fais là — Me voilà embarqué dans cette phrase, emporté par elle, qui tient toute seule, ou qui ne tient à rien, elle m’est venue toute seule, elle est venue seule, d’abord, au moment d’entrer une légende sous mon dernier Instant, #takeover, elle prend le pouvoir… Elle a cette emprise sur moi, sur le cours de ma pensée au moment présent — j’ai il y a longtemps dépassé les 2200 caractères que peut contenir une légende… Un Instant me poursuit longtemps. Un instant de publication… Ou c’est un instant d’égarement ?… Je viens me demander ce que je fais là. Je viens de me demander ce que je fais, là. En même temps… Je viens de répondre. Juste une phrase : elle me vient en l’air. Elle me vient comme ça : je viens me demander ce que je fais là. Je ne l’avais pas vue venir, celle-là… Phrase, ou proposition. Ou la supposition. La réponse… Elle me prend par surprise. — Ou elle traînait là. Ou elle était tendue là… Elle zonait là ? Elle attendait là… C’est comme si elle venait me frapper par derrière. C’est frappant. Elle arrive juste derrière moi. Elle vient juste derrière moi. Elle vient de me frapper, elle est comme le double effet — je ne peux pas, je ne résiste pas à une publicité — du mot « là » : tu te le mets dans la bouche… Et voilà. Il est là en écho. Si je me demande ce que je fais là, comme je viens de me le demander, je me réponds : je viens me demander ce que je fais là. — C’est aussi la question du mot « là ». « Là » n’est, « là » ne tient que dans le fait de le dire. Il n’y a de « là » que de le dire. « Là » ne tient pas debout sans moi. (…) Je reprends — ou je me répète, ou je ne sais plus si je l’ai déjà dit… ou dit comme ça… Je viens me demander ce que je fais là … — dans cet enchaînement-là : Je viens de me demander ce que je fais là. Je me demande. Je me réponds : la question est dans la réponse. La réponse pose la question. La réponse me vient avant la question. Ou alors : toute ma venue est une question ? L’entièreté ou l’ensemble de ma venue, depuis le début… Une fois au bout de ma venue, la réponse se tient… C’est la réponse qui clôt la venue. Elle l’accueille — elle me cueille. C’est elle qui, d’une manière, la fait. La formule. C’est la venue d’une réponse… Alors, c’est une réponse qui vient à la rencontre de sa question… Elle ne le sait pas, puisqu’elle est une réponse, genre moi, elle croit savoir. Elle ne cherche pas — elle est sûre d’elle, genre mon identité —, encore moins une question. Et puis, elle tombe sur une question. C’est une question qui tient dans une réponse à une question qui n’est pas posée… C’est une question qui de toute sa vie s’est crue réponse, elle s’est prise pour une réponse, on lui a appris qu’elle était une réponse, on lui a appris à l’être, donc, elle s’en est tenue à cette réponse, la réponse, être réponse, par exemple, répondre présent quand on te le demande. Toujours répondre présent. Toujours devoir répondre à l’injonction d’être là, d’être qui on croit… — Ne te souviens-tu pas, ou tu passes sous silence, tu fais abstraction, de toutes les fois où tu ne réponds pas ? (…)

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