Je viens me demander

… Je viens me demander ce que je fais là… Je viens de me demander ce que je fais là. Je me demande. Je viens de me répondre. Je me suis entendu, entendu répondre. Répondre à la question : ce que je fais là… Là ? Je me le demande. C’est quand j’ai la réponse… que je me demande. La réponse est que je me demande. Ma réponse ? La réponse est là. Je tombe sur une réponse… Elle est là, dans l’air… Alors je prends la réponse : je prends cette réponse pour moi. Elle vaut aussi bien pour moi. Ou elle prend l’air… Elle vaut exactement pour moi, comme un gant elle me va — comme un gant retourné tombé là. Je me penche sur la question — c’est une réponse, je la tiens. — Tiens. Je suis venu me demander… C’est ma réponse : être venu me demander, ce que je fais. Venir me demander. Ce que je fais là. D’abord, je me dis : — Ce que je fais, c’est être venu. Ce que je fais est venir. Et… Je ne suis pas venu, tant que je ne le, tant que je ne me, que je ne me le demande pas. Ma venue est de me le demander. Ce que je fais est en être venu là, me demander. Je viens en me le demandant, pourquoi. Je ne viens qu’en me le demandant. Je m’en tiens là. Je ne suis pas là si je le ne me… si je ne le me demande pas. Je ne suis pas venu. C’est de me le demander que je viens. Je viens me le demander, ce que je fais, c’est venir. Ce que je fais est en venir à la question. — La question se retourne alors en réponse. C’est une question-réponse. En fait… Je réponds à la question que je ne me pose pas. Comme j’ai dit, la réponse est là… Je ne me demande pas ce que je vais faire là. Ce que je vais ou viens y faire. — Sauf que j’y suis. J’en suis là. Il faut y être. Là n’est pas la question. Il n’y a pas de question. C’est ma réponse à l’absence de question, qui est là. Manière de combler un vide ? Un vide de question… Je tombe sur la réponse à l’absence de question — parce que je suis venu sans question ? ou parce qu’il n’était pas question que je ne vienne pas ? je ne me suis même pas posé la question ? j’étais dans l’évidence ? ou j’étais dans l’urgence ? ou j’étais dans l’évitement, de la ou des questions ? Je tombe sur la réponse à l’absence de question et c’est une demande… Il doit y avoir — est-ce là, oui, et pourquoi — une demande qui n’est pas une question. Je ne sais plus pourquoi… Ça tombe bien… Il n’y a pas, plus, de pourquoi. C’est parce qu’il n’y a pas de pourquoi que la demande répond : parce qu’elle ne répond pas à une question — mais à un vide, ou un appel, un appel d’air ?… La demande, elle répond à une venue, elle dit « bienvenue ». Elle me dit : bienvenu. Je suis demandé… Il n’y a pas de venue tant qu’il n’y a pas de demande, pas de bienvenue — c’est sa réponse. La demande crée, elle suscite la venue : c’est la venue de la demande. Il faut que la demande vienne : vienne d’elle-même. La demande formule la venue. Ou la demande formule l’objet de la venue… — Sauf que la venue est sans objet, ma venue, est sans objet, ou sans préalable. Elle s’effectue dans, se nourrit de, carbure à l’oubli des préalables : je viens pour oublier — c’est ça… (…)

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