Le contenu perdu

… L’endroit ferait une belle photo… L’endroit ferait bien une photo. Fait envie, donne envie d’une photo, l’endroit, te prend d’une envie de photo. Il te prend une envie de photo, l’envie te prend, de le prendre. L’endroit te prend. En photo… L’endroit te sourit. La vue te séduit. La vue de l’endroit… Te fait sortir l’appareil. Tu es sorti… C’est l’endroit : le moment où tu sors le mobile. La lumière de l’endroit. Le mobile fait des photos ils en font tous on n’a plus d’appareil photo. Dans la poche… C’est le moment… L’endroit attend. L’endroit attend sa photo. L’endroit déclenche l’envie ou quelque chose. Le mobile brûle les doigts. L’endroit brûle d’être saisi. Le doigt sur le mobile, la vue n’attend plus, l’endroit n’en peut plus, d’attendre. L’endroit veut être saisi et emporté. Capté, être pris là emporté loin, maintenant, en poche, non seulement pris mais publié. Il s’emballe… Le moment n’attend plus d’être partagé. L’image. L’image brûle d’être commentée, d’être envoyée depuis ton mobile, elle ne se retient plus, un besoin irrépressible. Le besoin de mobilité. Toi, tu as un gros gros besoin de temps pour toi. De te perdre en photos. En images à toi. Le flux d’images, là toutes les images sont de toi. L’image de l’endroit, l’image appelle ta légende. Le présent te réclame. Le moment présent, te demande, t’occupe. Le moment fait une image à l’endroit. Une autre. Maintenant. L’endroit demande une image de toi. L’endroit demande son image, n’importe quoi, une photo, une photo du dépôt sauvage. Là. L’endroit fait image, instantanément, l’image parle. La photo est parlante. L’image saisissante. Une photo, deux, dix photos d’une décharge, d’un coup. Pas pour faire un rapport. Un signalement. Pas pour dénoncer quoi. Dresser. Un constat d’infraction. Pas pour la pollution, sentinelle de l’environnement. Une image pour rien. Une image pour le moment. Comme elle te dit. Une image pour l’Instant. L’Événement sans titre d’une image. Son urgence. La stupeur d’une image. Et son invitation… Ne pas y répondre ? Ne pas laisser échapper l’endroit. Maintenant, il veut son image avec toi. Le dépôt, veut un selfie avec toi. Il te veut dans son image… — L’endroit me fait une image. Je ne me suis pas protégé. Le dépôt sauvage est comme le dehors me prend. L’endroit me prend en photo, en train. Il me prend en flagrance. La photo est prise. Je n’ai pas anticipé. Le mobile en main. Je n’y ai pas pensé, naturellement je suis sorti avec mon mobile. Un mobile c’est tout naturel. Ne pas perdre le contact. La mobilité, un besoin naturel. Le mouvement de mon mobile, dans ma main. Les mouvements en moi de mon mobile, c’est mouvant, comme ça meut, ça me meut au-delà de ce que je peux penser, ce qui se passe dans mon mobile, ce qui passe, entre mon mobile et moi… Je me suis laissé prendre. Je me suis laissé prendre mon mobile. Je me suis laissé aller. Je suis sorti. Le mobile dans la poche. C’est meuble. Mon mobile s’est glissé dans ma poche. Mon suivi ne me quitte pas. La couverture, ma poursuite réseau les réseaux sociaux, ne me quittent pas d’un pas. Mon audience, mon audibilité ne me sort pas de la tête. Ma communauté en tête. Autour de moi. L’endroit. À mon chevet. Mon mobile plateforme de chevet. Et mon mobile au dessus du berceau. Un mobile ça meuble. Mon mobile suspendu au-dessus de moi, de ma tête à selfies. Déclic, désinhibition. Mon mobile me fait une image… Que ferai-je de toutes ces images ? Que ferai-je de ces images de moi à tous les endroits ? À chaque endroit ? Quelle vie leur ferai-je ?

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