Où une lisière recèle un bois

Le bois en tant qu’ensemble de végétaux, un ensemble d’arbres croissant sur un terrain d’étendue moyenne, et ce terrain même et le bois en tant que matière, quand le bois seul se maintient dans l’hiver, se dénude. Ne pousse alors plus le bois, tissu végétal, fait pause, le bois comme un ensemble, comme un seul bois dans sa conduction de la sève jusque dans les branches. Son soutien mécanique seul demeurant, là, exposé, dans l’étendue boisée, et dans son volume, dans sa hauteur sa fonction recelée et trahie de soutien mécanique des plantes ligneuses comme elles s’élèvent en faisant du bois ce tissu résistant formant les troncs qui se chevauchent, se poussent, s’entrecroisent, se bousculent, se précipitent dans la vue là. Où ils s’effondrent. Où une lisière recèle un bois. Le bois comme tronc, comme écorce et lumière, comme il prend la lumière. Le bois comme autant de bras levés, le bois, autant de cheveux dressés. Ou c’est un bois qui se réduit à sa lisière : à son horizon, une ligne à ne pas franchir. Comme un bois à migrants, comme un bois à campements. Un campement démantelé… Le bois comme indice de la déprise agricole, l’humaine. Quand le terrain n’est plus brouté. Le bois des troupeaux perdus, envolés, le bois des coteaux qui se ferment. Le bois sans nom.

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