Bois des chutes d’arbres

À peine entré, il tombe… Qui est là ? Il pousse, là, comme des cheveux se dressant sur la tête : le bois, il pousse là comme les cheveux se dressent sur la tête. C’est un bois c’est une pente… C’est une cata… Il pousse dans la pente. Les arbres qui prennent là, se montent les uns sur les autres, ils se poussent les uns les autres — là, s’épousent. Ça pousse à hauteur d’homme à se crever l’œil. D’abord. Il pousse serré. Perdu il pousse. Abandonné à lui-même. Bois des courants d’air, le bois des chutes d’arbres. Traversé d’airs — de physionomies — effarés. — Qui vient là ? Tant qu’il pousse, le bois monte en tiges grises, perches d’argent, en vertige et en ruine. Les ramures grises du bois, ses lianes ont monté, monté jusqu’à le remplir tout entier. Jusqu’à, de leur hauteur, tomber… Qui est là ?… Sans entretien, sans personne les arbres tombent. Les arbres tombent dans les arbres, les arbres se tombent dans les bras. Ils s’effondrent l’un contre l’autre. Qui est là ? Le bois se fait tomber tout seul. Le bois plongeant… Il est plongeant avec vue sur rien que lui-même. Sauf en hiver… Sauf maintenant… Regarde… À travers on voit les toits des maisons et des zones… Si vous le voyiez… Si vous le voyiez d’en bas comme on le considère, ou pas, des rues et des habitations : simple et long rideau de la végétation. Comme aperçu de la campagne, il est le fond d’une photo de village, une photo de bannière, page d’accueil du site de la municipalité de l’unité statistique ville, soient plus de 2000 habitants agglomérés qui n’y voient rien que l’horizon et s’y sont mis à l’abri de l’Ile-de-France. Il n’est qu’une haie de plus ou de moins. Pour ce qu’on en sait. Ce sont les champs qui démarrent là-haut, et les temps des trajets domicile-travail. Ce ne sont que des champs jusqu’au champs d’aviation, aux plateformes intermodales, jusqu’aux bassins d’emploi. Si vous le voyiez de loin… ou même d’auto. Il n’occupe personne — que les fonds de pare-brise. Un bandeau brun sur l’horizon. Un bois comme ça n’existe pas. Il n’entre dans aucun emploi du temps. 50 km/h en virage, il est passé… il n’aura pas eu un regard. C’est un bois, il n’a pas rencontré sa publicité. Vous me voyez ? On vous verra. Ou alors on le rêve… Où l’on se rêve… Je m’y rêve planté là — mon volant ? — au retrait de la route au moment qu’elle part en lacet et alors que mon véhicule poursuit sa trajectoire… Je m’y rêve ayant pris la tangente au virage — ayant pris par le bois… Je m’y rêve mains vides et n’ayant qu’une courbe de niveau à suivre…

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