Impropriété Défense d’entrée

… C’est un endroit où je ne vois personne. Jamais je n’y ai vu personne. De ma vie je n’ai vu quelqu’un. Là… Des chevreuils, oui. Des renards oui. Un chien, des fois, oui. Des autos calcinées, des banquettes, des télés oui. Du divers, des encombrants, des déchets de taille de haie, des barquettes de kebab, canettes, des mouchoirs, des lingettes, des merdes humaines… oui. Un rétro, un cutter. Quant à y voir quelqu’un… C’est quelque chose qui ne m’est pas arrivé. Y surprendre quelqu’un ? — Il se laisse prendre pour une haie au loin. À le longer, même, on y croit, le bois — par quel mirage ? Il faut l’hiver, pour voir… Une illusion non entretenue… Rien n’indique que c’est une propriété. Qui se demandera ce qu’il y a dans un bois — au point d’y entrer ? Qui poussera la curiosité (jusque) là ? Ma story Me demanderas-tu ce qu’il y a dans le bois ? On n’y entre pas par hasard. Il semble… suite qu’on n’y entre que par effraction — mais peut-il y avoir effraction de courant d’air ? C’est une impropriété… Disons qu’on n’y entre qu’à la dérobée — pourquoi, donc, ce sentiment, ou cette impression tenace d’effraction ? — Qu’est-ce qui est fracturé là ? Ma vie — C’est plutôt ma vie qui se trouve fracturée là, il y a… suite comme un miroir brisé là, le bois se reflète en lui-même en miroir brisé + J’ajoute une photo alors J’ajoute une légende : Il était une fois un bois dans un miroir brisé… c’était un bois de poche, il tenait dans un miroir brisé, on ne mettait plus — depuis quand ? — de tout temps — sa main dans la poche de peur de se couper aux éclats du miroir qui s’était brisé là, le pantalon non plus on ne savait pas, depuis quand il était là, soulevé par les ronces aux printemps, puis les mousses l’avaient pris, le lierre terrestre courait dans ses jambières… on avait fini par complètement oublier l’existence de poches pour les mains, pour se les réchauffer, on avait trouvé : on les mettait en terre, on trouvait un trou de lapin, ou même deux, un pour chaque main, en se démenant un peu, le sol s’ameublissant, les terriers s’effondraient sur les mains, il n’y avait plus qu’à attendre… parce que, ce qu’on allait oublier de dire, c’est qu’on tenait une permanence là … Je ne sais pas ce que je fais là… Depuis le temps, je ne sais toujours pas. Est-ce mon mimétisme qui me retient là ?

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