Vous entendez la bouche ouverte ?

Une image avec le son. Une image avec le souffle d’une respiration. Une image, la même, avec le sillage sonore d’un avion. Sur fond de respiration. Une image avec rien dedans, une image avec rien, un mobile, avec le doigt, l’écran tactile d’une image, bandeau de contrôles, une image en fond d’écran, avec le bouton, Enregistrer, qui n’en est pas un. Un point rouge, Vous êtes ici. Avec le doigt. Le fond sonore respirant. Respiration. Ici lâchez tout l’air. Tout. Doucement. L’image se respire. L’image s’écoute. Elle s’écoule. L’image se coule en elle-même, sans bouger. Une image au bout du doigt. Le doigt sur l’écran. L’image se touche du doigt. Elle se remplit elle-même, d’elle-même, l’image se gorge d’elle-même. Sans cesser d’être vide, elle ne s’arrête pas. L’image n’arrête pas de tourner. Elle tourne, à vide, ça ne se voit pas. Elle se baigne en elle-même, ruisselle sur elle-même, en réserve d’elle-même, elle se produit elle-même. Sans qu’il ne s’y passe rien. Elle vit sur elle-même, l’image vide avec le son, avec rien. Que la respiration. Sans être immobile elle remue à peine, et ne bouge qu’en elle-même. Aquarium vide. Poisson dans la main. Une image en l’air… L’animation d’une image, même vide elle n’est pas fixe, l’image à son animation, l’image animée dans le vide, mobile, son écran vide, il est lumineux, il est nauséeux : nul contour reconnaissable, nulle netteté définitive. Le ciel ? Ce doit être le ciel, dedans. Les seuls contours de l’image sont les lignes du mobile. Sur fond de ciel. Ici projetez une image. Sous le volume sonore d’un avion. Sans arrêter de se vider, sans qu’un avion ne finisse par apparaître, à la fin elle reprend au début, quelle fin ? L’image trop-plein d’elle-même, l’enregistrement de l’image verse dans la diffusion de l’image. La diffusion de l’image la met en boucle. Elle tourne en boucle d’elle-même : automatiquement. Elle ne touche pas à sa fin, sa mise en boucle, n’a plus de fin. Sans bouger plus, elle n’a que ce tressaut de raccord, pas un sursaut, surprise chaque fois de sa reprise — elle n’apprend rien, n’intègre rien, elle ne se connaît pas elle-même. Dans ce raccord à elle-même chaque fois qui la surprend, tombe sur elle-… elle se mord, la bête image, reprend au… Quel début ? Stabilisez votre image. Ici. Laissez couler votre respiration. Vider. Stabilisation de l’image par la seule respiration, descendante, Enregistrer, vous laissez échapper l’air en un filet continu. Un filet de stabilisation. Une image bouche ouverte, Vous respirez par la bouche. Imaginez : vous fuyez par la bouche. Couper le son : Appuyez sur l’image
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